Dyslexie

La dyslexie serait liée à des problèmes de connexions cérébrales

Repéré par Robert Tutenges  -  28 février 2020 à 16h02

Une nouvelle étude de l’Université de Cambridge va à l’encontre de théories antérieures.

Cette étude a mis en évidence l’importance des « hubs », des carrefours où se rejoignent les neurones pour faire circuler l’information.  Andrew Ebrahim  via Unsplash

Temps de lecture : 2 min – Repéré sur BBC

De nombreuses études scientifiques ont cherché, sans véritable succès, à distinguer les zones du cerveau qui pourraient être à l’origine des troubles spécifiques des apprentissages, comme la dyslexie et le déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Et si les scientifiques n’avaient en fait pas cherché aux bons endroits ? C’est ce que suggère une nouvelle étude publiée le 27 février dans la revue spécialisée Current Biologie.

Une équipe de recherche de la MRC Cognition and Brain Sciences Unit de l’Université de Cambridge a adopté une approche différente de l’habituelle.

Au lieu de focaliser l’attention sur des régions spécifiques du cerveau d’enfants avec des difficultés d’apprentissage, elle a analysé leurs connexions cérébrales, et plus exactement les gros points de connexion appelés « hubs » - des sortes de carrefours où se rejoignent les neurones pour faire circuler l’information.

Dans leur étude, les scientifiques ont fait passer des IRM à 337 enfants ayant des problèmes d’apprentissage,  pour les comparer au scan cérébral de 142 autres ne présentant pas ce type de difficulté. Grâce à un algorithme, ces données ont été analysées et cartographiées pour en extraire des différences notables.

L’importance des hubs

Les résultats montrent que les diverses difficultés d’apprentissage ne correspondent pas à des régions spécifiques du cerveau. Tout aussi intéressant, les problèmes de langage ou de mémoire n’étaient pas associés à un déficit cérébral spécifique, remarque le média Science Daily.

Autrement dit, aucune région du cerveau ne prédirait des difficultés.

En revanche, cette étude a mis en évidence l’importance des « hubs ». Les enfants qui n’avaient pas de difficultés – ou avec des problèmes très spécifiques, telle qu’une faible capacité d’écoute – avaient des hubs bien connectés. A contrario, ceux dont les hubs sont mal connectés avaient des problèmes cognitifs généralisés et graves selon l’étude.

A lire aussi : On a peut-être découvert l’origine cérébrale de l’anxiété.

Ces résultats montrent à quel point le cas par cas pour y faire face est crucial, d’après le Guardian. Une approche individuelle serait essentielle, étant donné que les difficultés dépendraient de connexions cérébrales complexes et uniques pour chaque individu – et ne sont pas associées à une zone cérébrale spécifique commune à tous les enfants ayant des problèmes d’apprentissage.

Ces troubles, qui concerneraient au moins 5 à 6% des enfants, soit un par classe selon les chiffres du gouvernement français, sont sources de difficultés de communication, d’intégration scolaire et sociale pouvant déboucher sur une souffrance psychologique et de l’anxiété.

REFLEXIONS SUR LA DYSLEXIE

 

à partir de l’ouvrage de

R.MUCCHIELLI et A.BOURCIER

« LA DYSLEXIE, MALADIE DU SIECLE » (ESF 5ème EDITION 1974)

 

Il est maintenant classique de considérer la dyslexie :

-       d’une part comme le résultat d’une incoordination oculo-neuro-motrice dans le cadre d’une immaturité neurophysiologique ou affective (ou les deux à la fois) dont un des effets « est » le flou persistant de la latéralisation…,

 

-       et d’autre part comme une perturbation au niveau de la relation à autrui et au réel avec des effets concomitants de tension psychologique, inhibition, blocage défensif, manque d’assurance pouvant aller jusqu’à l’anxiété.

L’univers s’est en effet construit sur une ambiguïté des valeurs et des positions relatives des éléments du perçu, sur une incertitude des directions spatio-temporelles et des significations. On pense, en effet, dans l’état actuel des connaissances, que l’instabilité du perçu au niveau des rapports de configuration statiques et dynamiques, suscite une instabilité proprement psychologique au niveau du sens (passage du trouble de l’orientation structuration du réel à un trouble sémantique).

 

La méthode psychosensorielle QUERTANT intervient, dans la cure des dyslexies à différents niveaux opérationnels.

 

1.    La gymnastique oculomotrice. Une maîtrise des mouvements de l’œil, de l’accommodation, se développe dissipant les ambiguïtés des perceptions visuelles.

 

2.    La fixation de la latéralité oculaire. La normalisation du fonctionnement oculomoteur s’accompagne d’une fixation de la dominance de l’œil directeur et enclenche une normalisation de l’ensemble neuro-moteur (maturation du schéma corporel et de l’orientation de l’espace).

 

 

3.    La rééducation de l’attention volontaire et des prises sur les éléments du perçu, ce qui, outre l’effet de stabilisation des données sensibles, permet ultérieurement l’application de l’analyse comme fonction intellectuelle.

 

4.    La détente au niveau psychologique cérébral, ce qui a une double conséquence : amélioration de la coordination visuo-motrice (donc du graphisme et des performances en écriture) et désinhibition (liquidation des blocages scolaires et affectifs).

LA METHODE QUERTANT

En préface des recherches spécifiques et des résultats variés concernant la méthode QUERTANT et ses applications, je crois utile de dire quelques mots sur l’œil et la vision puisque ces problèmes sont nécessairement à la base de la compréhension des effets de la méthode.

Pour des profanes, les yeux sont de simples récepteurs, enregistrant selon des lois optiques et oculaires, les objets extérieurs. Cette façon de considérer la vision a été reconnue pour fausse depuis longtemps et l’idée du vieux philosophe antique ANAXAGORE (pour lequel c’est l’esprit qui va au-devant du réel dans la sensation) a reçu des confirmations de la plus récente psychophysiologie.

De même que l’origine de l’ouïe est dans la sensibilité dermique, la vue a son point de départ dans la sensibilité dermatoptique du vivant. Les physiologistes modernes assimilent cônes et bâtonnets de la rétine à ces cellules épithéliales différenciées et reconnaissent une analogie entre les cônes de la tâche jaune (fovéa) et les corpuscules de MEISSNER de la pulpe des doigts. A l’acte du toucher exploratoire reconstituant l’objet et transmettant des informations à la mémoire, correspond l’acte de voir qui est une véritable construction active de l’espace signifiant.

La palpation digitale se fait du bout des doigts ; l’activité exploration de l’œil se fait par une zone privilégiée de la rétine, la fovéa, dont le bouquet de cônes centraux comporte trente à quarante mille cônes courts et cônes longs et qui est construite pour explorer, avec une extrême rapidité, tous les points du champ perceptif. L’œil, aidé par le cerveau dont il est génétiquement et physiologiquement une évagination, un tentacule ou une sentinelle avancée, construit à la fois l’espace, la distance et l’objet (ses formes et ses couleurs).

Constatons d’ailleurs que sur notre écran télévision, notre oeil ne voit qu’un point à la fois : celui que forme l’extrémité de l’étroit pinceau de lumière du tube cathodique sur l’écran. Nous recréons l’image totale :

-       D’une part grâce à l’incessant balayage oculaire,

-       D’autre part grâce à la mémoire rétinienne et à l’interprétation que fait le cerveau.

Quant au cerveau lui-même dont nous venons dire qu’il se porte, pour ainsi dire, par les yeux, au « contact » quasi digital du monde extérieur, les neurophysiologistes admettent aujourd’hui, depuis les travaux de D. Mc LEAN, qu’il est fait de trois cerveaux superposés :

-       le cerveau archaïque, hypothalamique, commandant les mécanismes corporels et les fonctions thymiques de base (plaisir, douleur),

-       Le cerveau moyen, limbique ou rhino céphalique, qui préside aux comportements modulés, gouverne les mémoires sensorielles, régule les affects en fonction du milieu…,

-       Le cerveau récent ou néo-cortex qui, n’existant vraiment que chez les Primates et les Hommes, correspond aux fonctions supérieures, tant intellectuelles que régulatrices des sentiments ou des significations conscientes.

Chez l’homme, ces trois niveaux qui semblent s’être formés phylogénétiquement par différenciation et complexification au cours de mutations mystérieuses, représentent certes des niveaux de comportement, mais retentissent les uns sur les autres par suite de leurs interactions fonctionnelles.

On peut penser, de ce fait – et ce fut la découverte de G. QUERTANT – qu’une éducation ou une rééducation méthodique des yeux, toujours en référence à l’activité oculo-cérébrale de reconstruction du réel et d’ajustement au réel, modifie le fonctionnement cérébral lui-même toujours considéré en tant qu’activité dans un milieu de vie et par rapport à ce milieu de vie.

S’il est vrai que la structuration de l’espace, du temps, des objets et de significations est une activité (je dirais plutôt un acte) de l’aperception visuelle,  et que cette structuration est intégrée (selon les modalités spécifiques et différenciées) par le cerveau archaïque (niveau des automatismes somatiques et thymiques), par le cerveau moyen (niveau des relations ressenties entre l’être et son milieu de vie et des significations du vécu), et par le néo-cortex (niveau d’intégration supérieur de la connaissance sous ses formes intellectuelles et affectives), alors on peut déduire :

-       D’une part que les perturbations de ces trois zones vont se traduire par des perturbations au niveau de l’aperception visuelle,

-       D’autre part et inversement qu’un entraînement méthodique de l’activité oculo-visuelle modifiera les fonctions de base qui sont celles de l’organisation de l’espace, du temps, des objets et des significations du niveau vécu.

Ce rapide rappel de la psycho-neurophysiologie du premier (au sens le plus important) sens humain d’exploration et de construction de l’univers vécu permet de fonder et de comprendre les effets de la méthode QUERTANT qui s’attaque, d’une façon rationnelle et originale, aux perturbations de la structuration de l’espace-temps, aux attitudes personnelles pathologiques face au monde et à l’existence, aux affects et sentiments qui thématisent le monde vécu sur le monde morbide.

Ceci dit, il importe de pénétrer dans la méthode et d’en totaliser les résultats thérapeutiques.

Docteur Roger MUCCHIELLI

Docteur en médecine

Neuropsychiatre

Docteur ès Lettres et Sciences Humaines

Professeur Honoraire de Psychologie à l’Université